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Où sont passées les distances de sécurité ?

Il m’arrive de prendre les autoroutes entre 16h00 et 19h00. Et je constate pratiquement à chaque fois que la voiture de derrière se colle à celui de la mienne.


Et quand je me lance pour dépasser un autre qui roule à 80 au lieu de 120, je change d’un seul coup de décor : bye bye le Gros-de-Vaud, me voilà dans Fast & Furious, avec celui qui me collait dans le rôle de Vin Diesel. Il me dépasse par la droite en appuyant à fond sur les gaz. La place qu’il laisse est immédiatement prise par Paul Walker. Tout d’un coup, Vin Diesel ralentit en arrivant à ma hauteur, il me jette un regard noir, fait un geste qui exprime simplement son mécontentement et repart blasé.


Pendant ce temps, Paul Walker me montre qu’il est là, juste derrière moi. Il me fait des appels de phares, laisse son clignotant en marche au cas où je n’aurais pas saisi l’allusion.


Mon cœur à moi, il bat bien plus vite que d’habitude. Merci les gars de me faire vivre ce moment d’adrénaline. C’est vrai que ma vie manque de piment, de danger.

Tout ça pour que, quelques kilomètres plus tard, on se retrouve tous les trois bloqués au même endroit.


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Bon, mais que s’est-il passé avec la courtoisie ?


Qu’est-ce qui fait qu’une fois derrière notre volant, assis·es bien au chaud dans notre voiture personnelle, on se croit tout permis ?


La carrosserie ne nous cache pourtant pas. Elle n’est pas magique non plus et, même si on essaie de renforcer la sécurité de l’objet, si on rentre dans celui ou celle de devant, on ne pourra pas revenir comme dans Mario Kart.

Il y a pourtant bien une chose qui peut réduire les risques d’un gros accident : laisser de l’espace à la personne devant moi. Ce geste diminue aussi les embouteillages, car la majorité des ralentissements ne sont pas dus uniquement aux accidents, mais au fait que chacun·e tente de gagner quelques mètres, provoquant des répercussions sur des kilomètres. Et une fois dans le ralentissement que nous contribuons à créer, il est sans doute plus utile de laisser les nouveaux arrivant·es s’insérer sans qu’ils·elles aient à lutter.



Quelques chiffres :


Sans plomber l’ambiance, quelques chiffres rappellent l’enjeu. En Suisse, on compte près de 4,8 millions de voitures de tourisme immatriculées, et le trafic sur les routes nationales a atteint environ 29,6 milliards de véhicules-kilomètres en 2023.


Environ 48 800 heures d’embouteillages ont été enregistrées cette même année sur le réseau des routes nationales, dont près de 87 % simplement dues à la surcharge de trafic (Astra+1)

En 2022, la voiture reste le moyen de transport principal d’environ la moitié des personnes pendulaires pour se rendre au travail (Swiss Stats).


En 2023, 53 470 accidents de la route ont été recensés sur l’ensemble du réseau suisse, faisant 236 mort·es et 4096 blessé·es graves, des chiffres suivis et publiés par l’OFROU (source).

Derrière chaque statistique, il y a des vies : assez pour prendre au sérieux notre responsabilité en tant que conducteur et conductrice.


Et si on prenait un temps pour observer nos fonctionnements ?


  • Pourquoi ai-je une voiture ?

  • Dans quel contexte je l’utilise ?

  • Est-ce une nécessité ou y aurait-il d’autres alternatives ?

  • Dois-je véritablement me déplacer chaque jour ou aurais-je la possibilité de m’organiser différemment ?

  • Est-ce que d’avoir deux voitures par couple fait encore sens, ou est-ce qu’une à partager par immeuble pourrait devenir un jour une possibilité ?


Je sais qu’on a l’impression de renoncer à une forme de confort, mais je ne crois pas que ce soit confortable d’attendre tous les deux jours 1 à 2 heures dans les bouchons. Sans parler de tout ce que cela engendre comme effets sur notre environnement.


Les transports publics : la solution


En Suisse, on a la chance de bénéficier de l’un des meilleurs réseaux de transports publics au monde. Trains, bus, métros, trams, tout est pensé pour être fluide, régulier et connecté, même dans les régions les plus reculées. Ce système, souvent cité comme modèle à l’international, permet de rejoindre presque n’importe quelle destination sans stress, sans embouteillages et sans chercher de place de parc.


Alors oui, prendre le train, le bus ou le tram, ce n’est peut-être pas aussi « flexible » qu’avoir sa voiture à portée de main, mais c’est sans doute l’option la plus simple, la plus économique et écologique à mettre en place aujourd’hui pour se déplacer en Suisse.


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